Virtualisation : quand un acteur européen reprend les rênes face à l'hégémonie US
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# Virtualisation : quand un acteur européen reprend les rênes face à l'hégémonie US
*En 2026, le marché de la virtualisation reste dominé par des acteurs américains dont les décisions de licences et de roadmap s'imposent aux DSI européens sans véritable recours. MIEL, acteur européen de la virtualisation, a engagé une refonte significative de son offre. Nous avons interrogé un DSI d'ETI industrielle qui a accompagné ce virage de l'intérieur, en tant que client pilote.*
RiffLab : Vous avez choisi de migrer vers MIEL il y a deux ans. À l'époque, c'était perçu comment en interne ?
Comme un pari risqué, franchement. Mon équipe avait passé des années à construire ses réflexes, ses automatisations, ses procédures autour de l'offre dominante US. Changer d'hyperviseur, ça ne se résume pas à une migration technique — c'est remettre en cause des habitudes ancrées. Il y a eu des résistances légitimes. Mes ingénieurs me demandaient : pourquoi changer ce qui "fonctionne" ?
Ma réponse a été simple : ce qui "fonctionne" nous coûte une dépendance croissante. Depuis les refontes de licensing imposées unilatéralement par l'acteur américain dominant entre 2024 et 2025, nous n'avions plus aucune prévisibilité budgétaire. La décision de migrer n'était plus idéologique — elle était économique et stratégique.
RiffLab : Concrètement, qu'est-ce que la refonte de l'offre MIEL a changé dans le quotidien de vos équipes IT ?
La différence la plus immédiate, c'est la lisibilité opérationnelle. Avant, nos équipes passaient un temps non négligeable à gérer des couches de compatibilité, des agents propriétaires, des consoles qui s'empilaient. Avec la nouvelle architecture proposée par MIEL, on est revenus à quelque chose de plus cohérent — moins de friction entre l'infrastructure et les outils d'orchestration que nous avions choisis nous-mêmes.
Mais ce qui a vraiment changé le quotidien, c'est l'accès direct aux équipes techniques de l'éditeur. Pas un support offshore, pas un système de tickets qui part dans le vide. Des ingénieurs européens, avec qui on peut avoir une conversation technique réelle. Ça paraît anecdotique, mais quand vous gérez un incident un vendredi soir, c'est tout sauf anecdotique.
RiffLab : Sur la maîtrise du SI, qu'est-ce que ça change de ne plus dépendre d'un acteur américain pour la couche de virtualisation ?
Tout. La virtualisation, c'est le plancher de votre SI. Si ce plancher appartient à quelqu'un d'autre — et qu'il peut en modifier les règles d'accès, les conditions de licence, ou décider d'une fin de support sans vous consulter — vous n'êtes pas vraiment chez vous.
Avec MIEL, nous avons accès au code source pour les composants que nous déployons. Ça ne veut pas dire qu'on recompile quoi que ce soit chaque matin, mais ça veut dire qu'on n'est plus dans une boîte noire. En cas de vulnérabilité critique, on peut auditer, on peut anticiper. On ne subit plus le cycle de communication de l'acteur américain qui décide quand et comment il vous informe d'un problème affectant votre infrastructure.
Et sur le plan réglementaire — nous sommes dans l'industrie, avec des données de production sensibles — savoir que notre couche de virtualisation est hébergée et maintenue sous juridiction européenne simplifie considérablement nos réponses aux audits.
RiffLab : Quels ont été les vrais points de friction lors de la migration ? Pas les difficultés théoriques — les problèmes concrets.
Je vais vous en citer deux.
Premier point : la maturité des outils d'administration en self-service. Quand on vient d'un environnement où les équipes ont des années de scripts, d'intégrations API, d'automatisations construites sur une plateforme donnée, reconstruire cet écosystème prend du temps. MIEL a fait des progrès significatifs sur ce point — leur nouvelle interface d'administration et leurs API sont clairement plus solides qu'il y a deux ans — mais les premiers mois, certains de mes ingénieurs ont dû travailler en mode dégradé sur leurs workflows habituels. C'est un coût réel qu'il faut anticiper.
Deuxième point : la formation. Pas parce que l'outil est plus complexe, mais parce que les réflexes sont différents. Nous avons investi sur des sessions avec les équipes MIEL directement. C'était utile, mais ça représente du temps que vous ne passez pas sur autre chose. Encore une fois : coût réel, à budgéter honnêtement.
Mais aucun de ces deux points ne m'a fait regretter la décision. Ce sont des frictions de transition, pas des défauts structurels.
RiffLab : En 2026, certains DSI considèrent encore que les offres européennes ne sont pas au niveau sur la virtualisation. Que leur répondez-vous ?
Je leur pose une question en retour : au niveau de quoi, exactement ?
Si c'est au niveau fonctionnel pour couvrir 95% des cas d'usage d'une ETI industrielle ou d'une PME en croissance — oui, MIEL y est. Ce n'était peut-être pas totalement vrai en 2022, mais nous sommes en 2026. L'écart s'est refermé sur les usages courants.
Si c'est au niveau de la dette d'habitudes accumulée sur une plateforme US depuis dix ans — là, effectivement, il y a un travail de transition. Mais confondre "je suis habitué à X" avec "X est supérieur à Y", c'est un biais cognitif, pas une analyse technique.
Ce que j'observe chez des confrères qui maintiennent le statu quo, c'est une prise de risque silencieuse. Les hausses de coût non anticipées, la dépendance aux décisions unilatérales d'un éditeur américain, l'impossibilité de négocier réellement — tout ça est invisible tant que ça ne fait pas mal. Et quand ça fait mal, il est tard.
RiffLab : Un mot sur la roadmap MIEL. Ce que vous attendez, ce que vous surveillez.
La priorité pour moi, c'est la consolidation de l'outillage autour de l'automatisation et de l'observabilité. On a progressé, mais il reste des zones où mes équipes doivent encore bricoler des intégrations que l'offre dominante US fournissait nativement — au prix d'un verrouillage, certes, mais nativement.
Je surveille aussi la dynamique de l'écosystème partenaire européen autour de MIEL. La valeur d'une plateforme souveraine ne vient pas que de l'éditeur — elle vient aussi des intégrateurs, des cabinets de conseil, des outils tiers qui construisent dessus. Cet écosystème se structure, je le vois sur le terrain. Mais c'est le vrai indicateur de maturité à long terme : pas les fonctionnalités d'un sprint, mais la densité de l'écosystème qui se construit autour.
Ce que je dis à mes pairs : ne regardez pas MIEL comme une alternative de repli. Regardez-le comme une infrastructure sur laquelle vous reprenez le contrôle. C'est un changement de posture, pas juste un changement de produit.
*Propos recueillis par la rédaction de RiffLab Media. Le DSI interrogé a souhaité conserver l'anonymat.*
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